Où Sont Nos Zones Erogènes ?

Une sexologue nous invite à une lecture exploratoire!

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On connaît l’importance des zones érogènes dans la sexualité : stimulées, ces parties du corps augmentent l’excitation sexuelle. Mais beaucoup se demandent encore où elles sont, ces fameuses régions du corps qui aident à grimper au septième ciel… Certains mêmes essayent de dresser la cartographie des zones érogènes masculines et féminines.

Mais est-ce possible ? Peut-on déterminer une fois pour toute sur quel bouton appuyer pour grimper aux rideaux ?

Les zones érogènes des hommes et des femmes

Where are erogenous zones

C’est ce qu’une étude britannique récente publiée dans Cortex a voulu déterminer en réunissant plus de 300 hommes et 500 femmes et en leur demandant de noter de 0 à 10 l’excitation sexuelle que leur procuraient 41 zones de leur corps, des zones génitales au coude en passant par le nombril. Sans surprise, les zones estimées les plus érogènes sont les parties génitales (pénis et testicules pour les hommes, clitoris et vagin pour les femmes). Cela paraît logique : ce sont les zones érogènes primaires qui mènent tout droit à l’orgasme.

Par contre, cette étude montre que les femmes semblent plus réactives que les hommes : la majorité d’entre elles définissent 6 zones comme « intensément érogènes » en leur attribuant une notre supérieure à 7 (le clitoris, le vagin, la bouche et les lèvres, le haut de la nuque, les seins et les mamelons), alors qu’elles ne sont que 3 chez les hommes (pénis, bouche et lèvres). Mais ça ne veut pas dire qu’ils ont moins de zones érogènes que les femmes : les sujets masculins ont répertorié autant de zones érogènes que les féminins. Ils leur attribuent simplement une réactivité plus faible.

 

Est-ce que tout notre corps peut devenir érogène ?

Our whole body can be erogenous

Mais cela est-il vraiment utile de dresser le top 10 des zones érogènes chez l’homme et la femme ? Pas tant que ça. Parce qu’en réalité, c’est le corps tout entier qui peut devenir érogène. Et ce ne serait pas par hasard : quand une zone érogène est stimulée, des influx sont envoyés via les nerfs au cortex et aux zones responsables du plaisir sexuel.

Et, selon une autre étude, finlandaise cette fois, si la nature a rendu notre corps tout entier réactif plutôt que nos seules parties génitales, ce serait pour multiplier les occasions de stimuler un autre type de terminaisons nerveuses, les fibres C-tactiles, qui participent à l’émergence des émotions profondes qui construisent le lien relationnel avec le partenaire. En bref, la nature aurait disséminé tout le long de notre corps des capteurs capables de réveiller notre désir pour nous pousser à chercher le contact physique, ce qui renforcerait nos liens sociaux indispensables à la survie de l’espèce humaine.

 

C’est donc la science qui le dit : le moindre centimètre carré de notre peau peut devenir source d’excitation. Figer une fois pour toutes nos zones érogènes sur une carte et ne se contenter que des endroits qu’on connaît reviendrait donc à réduire ses horizons, et passer à côté d’expériences sensorielles qui pourraient nous faire grimper aux rideaux.

Ecrit par Charlotte Creplet, sexotherapeute à Sexocorner